Copier-coller – Résidence Art pour Grandir Manon Michèle
septembre 2024 — juin 2025
À quel monde rêver en devenant grand.es ? Comment y rêver ensemble ? Comment l’écrire ? Le projet « Copier-Coller » invite les collégien·nes de l’établissement Thomas Mann à se saisir du monde immédiat et connu pour mieux s’en défaire, le découpant, le déchirant, recollant certains morceaux. En initiant les collégien·nes aux notions d’originalité, de cut-up et de pseudonyme en littérature, ainsi qu’à la technique du sample en musique, l’artiste invite à reconsidérer la façon dont on se perçoit, soi-même et les autres, soi-même en regard des autres. Proposant d’imaginer que chacun·e est constitué·e d’une somme d’influences qui lui est propre, le projet invite à s’inspirer de figures proches ou lointaines pour affirmer sa propre spécificité, en même temps que relativiser ses différences. Portant une voix plurielle et composite, les jeunes développeront – à travers des ateliers d’écriture suivis d’expérimentations sonores et vocales – un univers peuplé des versions rêvées d’elleux-mêmes, où tout est à ré-inventer collectivement. En définissant les paramètres de cet écosystème tels que leurs alter-egos puissent s’y épanouir pleinement, iels projeterons une réalité déterminée par leur désirs, et non l’inverse. Pour ce projet, l’artiste Manon Michèle invite le musicien et producteur Emilien Point Afana à contribuer à la fabrication de ce monde textuel et sonore.
Copier-coller – Résidence Art pour Grandir - Bétonsalon
Copier-coller – Résidence Art pour Grandir - Bétonsalon
Copier-coller – Résidence Art pour Grandir - Bétonsalon
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Copier-coller – Résidence Art pour Grandir - Bétonsalon
Copier-coller – Résidence Art pour Grandir - Bétonsalon
Copier-coller – Résidence Art pour Grandir - Bétonsalon
Copier-coller – Résidence Art pour Grandir - Bétonsalon
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Copier-coller – Résidence Art pour Grandir - Bétonsalon
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« Un an dans la vie d’un centre d’art »
Bétonsalon – centre d'art et de recherche
septembre 2024 — mai 2025
Un cursus mené avec le Master 1 Arts plastiques, parcours Médiation, Exposition, Critique de l’Université Paris VIII Vincennes Saint-Denis, conçu et accompagné par les enseignantes Clélia Barbut et Nathalie Desmet et par l’équipe du centre d’art. Tout au long de l’année universitaire, les étudiant·es ont été accueilli·es par l’équipe de Bétonsalon et invité·es à vivre « un an de la vie d’un centre d’art » pour y mener une sorte d’enquête expérimentale, sous la forme d’une observation participative collective. Régie, administration, publics, médiation, commissariat, production, édition… quels savoirs et quels savoir-faire sont déployés au sein d’un centre d’art ? Autour de quels rythmes et dans quels espaces s’y organise le travail ? Quelles narrations et quelles interactions s’y déroulent ? Comment une déontologie s’articule-t-elle avec la production d’une exposition, avec l’organisation de résidences d’artistes, avec la création de formes de médiation ? À l’issue d’une phase d’observations et de rencontres, les étudiantes ont pu concevoir des formes de restitutions de leur enquête, articulées au cours d’un travail collectif. Entre étude qualitative et outils de médiation, critique d’art, et même fiction, les formats de leur restitution pourront varier de la production d’une pièce sonore, visuelle, d’une table ronde et autres formes inédites. Ensemble, ils et elles produisent donc à leur tour un événement à Bétonsalon, qui sera l’occasion de porter en retour un regard réflexif sur nos pratiques professionnelles.
« Un an dans la vie d’un centre d’art » - Bétonsalon
« Un an dans la vie d’un centre d’art » - Bétonsalon
« Un an dans la vie d’un centre d’art » - Bétonsalon
« Un an dans la vie d’un centre d’art » - Bétonsalon
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée Fanette Lambey, Wendy Osu, Clémence Guillard, Soa Ratsifandrihana
novembre 2024 — juin 2025
« Tu vois je veux dire (suite) » est un projet d’Éducation Artistique et Culturelle (CREAC) mené par Bétonsalon – centre d’art et de recherche (Paris, 13e), le Centre d’art contemporain d’Ivry – Le Crédac (Ivry-sur-Seine, 94) et la Briqueterie – Centre de développement chorégraphique national du Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine, 94), en collaboration avec le lycée Adolphe Chérioux à Vitry-sur-Seine, le lycée Marianne de Villeneuve-le-Roi et le Lycée Armand Guillaumin d’Orly. Initité en 2023-2024, le projet « Tu vois je veux dire » prend pour point de départ le « Programme Jeunes Médiateur·ices » de Bétonsalon et expérimente avec les élèves lycéen·nes différentes formes de médiation autour des pratiques artistiques issues des arts visuels et vivants. Ce projet, qui se poursuit en 2024-2025, contribue par l’observation, l’écoute, la rencontre avec des artistes et des professionnel·les de l’art, le dialogue et la pratique artistique à renverser les rôles et les voix traditionnellement associés aux discours sur les œuvres au sein des institutions culturelles et artistiques, cela en imaginant et en inventant des dispositifs originaux d’accompagnement du public : podcasts, visite dansée, conception et production graphique d’un support d’aide à la visite, etc. En 2024-2025, les élèves de six classes de trois lycées du Val-de-Marne ont pu partager et expérimenter de nouvelles manières de faire et de porter la médiation autour des spectacles qu’iels ont choisis dans le programme de la biennale de danse du Val-de-Marne portée par la Briqueterie : • Au lycée Adolphe Chérioux, la classe de 2nde option Arts Appliqués a travaillé avec l’artiste Fanette Lambey sur le spectacle « Coup Fatal » d’Alain Platel autour du lexique et de la  gestuelle de la sape, alliés à la musique baroque, convoqués dans le spectacle. Les élèves ont ensuite édité un T-shirt en utilisant la technique de l’impression par transfert afin de proposer une médiation sapée du spectacle à une autre classe du lycée. • Au lycée Marianne, une classe de 2nde générale a travaillé autour du spectacle « Afrikan Party » de la Biennale accompagnés de l’artiste Wendy Osu pour produire un drapeau en patchwork, composé des drapeaux réalisés individuellement, et offrir une médiation originale auprès d’une autre classe. • Au lycée Armand Guillaumin, une classe de 1ère professionnelle a pu suivre des ateliers de danse avec Clémence Galliard et Soa Ratsifandrihana en lien avec le spectacle « Fampitaha, fampita, fampitàna » de la Biennale et produire un podcast accessible en ligne.
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée - Bétonsalon
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée - Bétonsalon
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée - Bétonsalon
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée - Bétonsalon
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée - Bétonsalon
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée - Bétonsalon
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée - Bétonsalon
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée - Bétonsalon
« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée - Bétonsalon
Magnetic Residencies #3 Racheal Crowther
avril — juillet 2025
Le comité artistique de Magnetic Residencies s’est réuni le 24 septembre 2024 et a choisi l’artiste Racheal Crowther comme lauréate de la résidence à Bétonsalon pour la 3ème édition de ce programme. Bétonsalon accueillera Racheal Crowther en résidence pendant 3 mois, d’avril à juillet 2025. Elle recevra une bourse de 2500 € par mois, bénéficiera d’un atelier-logement à la Cité internationale des Arts, ainsi que d’un soutien curatorial assuré par l’équipe de Bétonsalon ainsi que d’une mise en réseau avec des professionnel·les de l’art pour le développement de ses recherches. Le projet de résidence Racheal Crowther s’intéresse aux biopolitiques qui régissent les espaces publics et privés que nous habitons, et qui en constituent des limites physiques et psychologiques. Elle explore les constructions sociales qui prévalent aux fonctions matérielles de ces espaces, en s’inspirant des environnements sociaux, commerciaux et institutionnels dans lesquels elle a elle-même évolué. Dans son essai The Eternal Pursuit of the Unattainable (Montez Press, 2024), Racheal Crowther s’intéresse aux différents usages et représentations du parfum, du poison à la contrefaçon, ainsi qu’à son pouvoir d’influence sur la psychologie des consommateur·rices. Elle démontre comment leur commercialisation exploite l’aspiration humaine pour ce qui dépasse l’ordinaire et explore les enjeux liés au niveau socio-économique qui conditionne leur accès, à l’expression des identités de genre qui les sous-tendent ainsi qu’à l’histoire de l’acquisition des matériaux olfactifs. Pendant sa résidence à Bétonsalon, elle souhaite approfondir ses recherches sur les matériaux olfactifs en étudiant la manière dont les odeurs sont utilisées pour infléchir l’humeur et le comportement, à partir des études de l’ISIPCA (Institut Supérieur International du Parfum, de la Cosmétique et de l’Aromatique alimentaire) et des archives olfactives de l’Osmothèque de Versailles, le plus grand conservatoire de parfums au monde.
Magnetic Residencies #3 - Bétonsalon
Magnetic Residencies #3 - Bétonsalon
Magnetic Residencies #3 - Bétonsalon
Résidence Institut français x Cité internationale des arts 2025 Lisa Freeman
La Cité Internationale
avril — juillet 2025
Lisa Freeman est lauréate du programme de résidence Institut français x Cité internationale des arts 2025, en partenariat avec Temple Bar Gallery + Studios. Le projet de résidence Lisa Freeman passera trois mois (avril à juillet 2025) à la Cité internationale des arts pour travailler au développement d’un nouveau film, avec le soutien d’une bourse de projet du Arts Council of Ireland. Cette résidence à Paris lui permettra de consacrer du temps à l’écriture d’un scénario et à l’élaboration d’un mood board de références qui développeront ses idées autour du mouvement, de la mise en scène, de l’éclairage et de la couleur. Les décors urbains et le bruit de la vie en ville ont inspiré ses films précédents : Approx 1 Second of a Sweet Kiss (tourné à Porto, au Portugal, 2023) et Hook, Spill Cry Your Eyes Out (tourné à Dublin, en Irlande, 2020). Pour alimenter son écriture et sa recherche visuelle, elle visitera des musées tels que le Musée d’Orsay qui abrite les peintures de femmes artistes surréalistes et s’engagera dans les riches programmes cinématographiques du Jeu de Paume et de la Cinémathèque française, ainsi que dans la programmation diversifiée des cinémas indépendants de Paris.
Résidence Institut français x Cité internationale des arts 2025 - Bétonsalon
Résidence Institut français x Cité internationale des arts 2025 - Bétonsalon
Résidence Institut français x Cité internationale des arts 2025 - Bétonsalon
Résidence Institut français x Cité internationale des arts 2025 - Bétonsalon
Magnetic Residencies #4 – Appel à candidatures
mai — juillet 2025
Bétonsalon participe au programme Magnetic Residencies, piloté par Fluxus Art Projects, construit autour de partenariats en tandem entre des institutions et résidences basées dans une région française (CAPC à Bordeaux, Frac Grand Large à Dunkerque, Frac Bretagne à Rennes et Villa Arson à Nice) et une nation britannique (Wysing Arts Centre à Cambridgeshire, Cove Park à (Helensburgh, Aberystwyth Arts Center à Aberystwyth et Flax Art Studios à Belfast). Les artistes de chacune des cinq régions françaises sont invité·es à candidater pour la résidence basée dans une nation britannique associée ; les artistes de chaque nation britannique peuvent postuler pour la résidence basée dans la région française associée. Pour la 4ème édition de Magnetic, Gasworks à Londres et Bétonsalon proposent deux résidences de 2 mois à destination de deux artistes, l’un·e basé·e en Ile-de-France et l’autre en Angleterre. Bétonsalon favorise les candidatures qui s’engagent dans des pratiques ancrées dans une exploration des relations sensorielles au monde et qui offrent des outils collectifs pour réévaluer la façon dont notre corps et notre esprit sont affectés par les multiples crises auxquelles nous sommes actuellement confrontés et y répondent. Nous soutenons la recherche artistique qui vise à élargir notre compréhension des interrelations physiques et émotionnelles entre l’humain et le non-humain – à travers la performance, l’installation immersive, le film, le son, les pratiques de soins, les pédagogies radicales, les expériences participatives, etc. – et à remettre en question la manière dont les cadres sociaux et institutionnels façonnent les expériences avec notre environnement. La résidence comprend : – Une bourse de 2500 € par mois – Un studio-logement à la Cité internationale des Arts (site du Marais) – Un voyage aller-retour à Paris (les frais de transports quotidiens sont également couverts) – Un soutien administratif et curatorial assuré par l’équipe de Bétonsalon – Une mise en réseau avec des professionnel·les de l’art pour le développement des recherches Durée de la résidence Cette résidence de 2 mois se déroulera d’avril à mai 2026, suivie d’un extension d’un mois en juin 2026 dans le cadre du programme « Institut Français x Cité internationale des Arts ». Modalités de candidature – L’appel à candidatures Magnetic 4 est ouvert du 20 mai au 14 juillet 2025 (minuit) sur le site de Fluxus Art Projects – Les candidatures ne sont pas ouvertes aux étudiant·es, excepté les doctorant·es – Les artistes français·es et britanniques sont considéré·es comme étant basé·es dans une région s’iels ont une adresse de résidence dans cette région/nation – Les candidatures doivent être rédigées en anglais – Les candidatures en duo ou collectif ne sont pas acceptées. Critères de sélection Cet appel s’adresse aux artistes travaillant dans le domaine des arts visuels et ayant déjà présenté leur travail dans plusieurs lieux professionnels identifiés par les réseaux d’art contemporain. Les candidatures seront évaluées par un comité de sélection sur la base de l’ambition artistique dans le cadre d’une pratique professionnelle ancrée dans les arts visuels, de la pertinence de la proposition de l’artiste dans le contexte et les enjeux de la résidence d’accueil et de la motivation pour une résidence internationale à ce stade de la carrière de l’artiste. Calendrier – 20 mai – 14 juillet 2025 (minuit): période d’ouverture de l’appel à candidatures – Première quinzaine de septembre 2025 : comités de sélection avec entretiens des artistes présélectionné·es en visioconférence – 17 octobre 2025 : annonce publique des lauréat·es de Magnetic 4 – Avril – Juin 2026 : temps de résidence à Bétonsalon Accessibilité Dans le cadre de son engagement en faveur de l’accessibilité pour tous·tes, l’équipe du Bétonsalon travaille à l’amélioration continue de l’expérience des visiteur·euses et du soutien apporté aux artistes avec lesquel·les nous collaborons. Nous développons des programmes, outils et activités conçus pour offrir un accompagnement inclusif et adapté aux besoins de chacun·e. L’accès au centre d’art sans aucune restriction structurelle et la possibilité de se déplacer dans les différents espaces ouverts au public sans aucun obstacle ou gêne sont des conditions essentielles pour une accessibilité totale. Cependant, certains espaces de travail ne sont accessibles que via des escaliers. Certains studios-appartements de la Cité internationale des Arts sont accessibles aux personnes à mobilité réduite par un ascenseur. Ce n’est cependant pas le cas de toutes les parties communes des bâtiments de la Cité internationale des Arts. Les studios peuvent accueillir jusqu’à deux adultes et un enfant de moins de 7 ans. Tout besoin spécifique lié à une situation personnelle (handicap, état de santé, famille, etc.) doit être signalé avant la résidence afin qu’un soutien approprié puisse être apporté. Plus d’informations sur le programme Magnetic sont disponibles sur le site de Fluxus Art Projects.
Magnetic Residencies #4 – Appel à candidatures - Bétonsalon
Magnetic Residencies #4 – Appel à candidatures - Bétonsalon
Magnetic Residencies #4 – Appel à candidatures - Bétonsalon
Borborygmes Avec Sofia Batko, Estelle Benazet Heugenhauser, cl✰ra, Helena de Laurens, Star Finch, Hedwig Houben, Lisa Lecuivre et Nicole
samedi 5 juillet 2025
  Dans le cadre de l’exposition « L’indomptable Main » d’Hedwig Houben, les artistes de ce programme sont invité·es à présenter une série de performances, de lectures et d’ateliers de pratique artistique depuis lesquels sonder les territoires ambigus de la gêne, du dégoût et de l’imprévu corporel. Explorant les formes et les résistances du corps face aux normes esthétiques et sociales, cette programmation se propose d’explorer le lâcher-prise dans sa puissance critique et libératrice. Programme : • De 16h à 17h « De l’hystérie comme langue symptômale aux poétiques féministes : arts, corps, écriture. » Conférence de Sofia Batko. • De 17h à 18h Discussion avec Hedwig Houben, Émilie Renard et Vincent Enjalbert autour de l’exposition « L’indomptable Main ». • De 19h à 22h Soirée « Borborygmes » Lectures, performances et DJ set Avec Nicole*, Lisa Lecuivre, Estelle Benazet Heugenhauser, Helena de Laurens, Star Finch et cl✰ra   On appelle borborygmes, les bruits qui, remontant de nos intestins, font entendre les liquides et les gazs des aliments que notre corps travaille plus ou moins laborieusement à transformer et digérer. On en conviendra, et bien que nous ne soyons pas tous·tes égaux·les face aux aliments, à l’heure de la digestion, une purée n’aura pas la même sonorité qu’un poivron cru… Burrrp, beuuuurp, beuuuurglll sont autant d’onomatopées qui convoquent les remues sonores de la matière en train de transmuter dans les arcanes de nos entrailles. Une machinerie de chairs faites d’acides et de liquides en tout genre qui rappelle à nos esprits, volontiers dans le déni, qu’un corps fonctionnel est un corps qui produit miasmes et gargouilles en nombre. Il est loin le mystère de l’alchimie, la mécanique de l’étron en devenir se fait entendre non sans bas bruits. Plus le son sera fort, durable et roulant, plus la gêne sera grande et avec elle, le dégoût de donner à entendre à d’autres l’image de son intérieur à l’œuvre. Inscrivant sa texture oratoire dans l’espace du dehors, le corps parle et s’écrit lui-même donnant à sentir le remugle de son langage. C’est ainsi que, bien malgré nous, les sons dégoulinent et débordent, tandis que les sourcils se froncent, les narines se dilatent et la lèvre supérieure se relève. Dans sa performance Borborygmus¹, Hedwig Houben parle des borborygmes comme d’une manifestation du IT en elle : « IT, explique-t-elle, devant une table sur laquelle il y a des formes de viscères de couleur argile, est cette chose multiple, indéfinie et en devenir. (…) C’est comme si quelque chose avait réussi à entrer dans (m)on corps. Mais comment ? Et qui ? Et quoi ? »². Au-delà de la simple anecdote ou de l’aparté, le borborygme — ou toute autre décharge phonique corporelle — convoque le langage d’un corps qui tremble, pompe et ondule au rythme des flux de son « maintenant ». D’un corps devenu momentanément autre, qui s’emballe et ne semble en faire qu’à sa tête. Quelque chose se manifeste qui, malgré nous, s’immisce dans notre logorrhée, la fait dévier, lui imposant interruption, reprise ou toussotement gêné. Quelque chose doit sortir, au sens propre comme au figuré, qui suscite gêne, dégoût de soi — ou de l’autre — perte de contrôle et étrangeté à soi. Que faire de ce IT ? Faut-il le dompter, le faire taire, le laisser faire ou lui ménager une place propre ? À propos d’une autre forme de décharge, qu’est la gerbe, la poétesse américaine Dodie Bellamy affirme ainsi « c’est le chaos, c’est imprévisible, mais tu le sens dans tes tripes : ça va quelque part. Tu peux pas l’arrêter… Tu dois juste la laisser suivre son cours »³. Et si, ce qui nous dérangeait le plus, n’était pas tant cette découverte d’une intériorité autonome, que les regards alentour, traversés par la gêne, le dégoût et le jugement… Voilà déjà que pointe la morale, bâtissant ses fondements sur une réaction physiologique avancée comme « naturelle ». Expériences limites, installées aux frontières du pensable ou de l’acceptable, la gêne comme le dégoût convoquent à elles deux cette dimension morale fondatrice qui ordonne, redresse et fait tenir les corps. Peut-être nous faut-il déplacer la focale, laisser faire ce corps indocile pour interroger la gêne et le dégoût comme de puissants outils d’analyse des hiérarchisations et des discriminations que permettent leurs emplois sociaux et politiques. Comment le laisser-aller peut-il devenir une position intellectuelle, une méthodologie avec ses propres priorités esthétiques et politiques ? Qu’est-ce que cela signifie d’insister sur le désordre, l’improvisation et le lâcher-prise, pour ce que cela peut provoquer en nous comme chez les autres, comme moyen de critique culturelle et d’engagement politique ? Alors qu’on les croit spontanées et hors langage, ces manifestations corporelles et la gêne qu’elles suscitent ne sont-elles pas le fruit de nos habitus sociaux ? C’est précisément parce qu’elles habitent (ou sont reléguées) dans les franges sombres de nos comportements sociaux que nous avons besoin collectivement de les travailler, que nous avons besoin de mots pour les raconter, d’images pour les saisir, de gestes pour les rejouer. Ce programme vise à défaire et interroger les normes comportementales et esthétiques qui façonnent nos imaginaires. Elena Lespes Muñoz
Borborygmes - Bétonsalon
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