Magnetic Residencies #3 Racheal Crowther
avril — juillet 2025
Le comité artistique de Magnetic Residencies s’est réuni le 24 septembre 2024 et a choisi l’artiste Racheal Crowther comme lauréate de la résidence à Bétonsalon pour la 3ème édition de ce programme.
Bétonsalon accueillera Racheal Crowther en résidence pendant 3 mois, d’avril à juillet 2025. Elle recevra une bourse de 2500 € par mois, bénéficiera d’un atelier-logement à la Cité internationale des Arts, ainsi que d’un soutien curatorial assuré par l’équipe de Bétonsalon ainsi que d’une mise en réseau avec des professionnel·les de l’art pour le développement de ses recherches.
Le projet de résidence
Racheal Crowther s’intéresse aux biopolitiques qui régissent les espaces publics et privés que nous habitons, et qui en constituent des limites physiques et psychologiques. Elle explore les constructions sociales qui prévalent aux fonctions matérielles de ces espaces, en s’inspirant des environnements sociaux, commerciaux et institutionnels dans lesquels elle a elle-même évolué.
Dans son essai The Eternal Pursuit of the Unattainable (Montez Press, 2024), Racheal Crowther s’intéresse aux différents usages et représentations du parfum, du poison à la contrefaçon, ainsi qu’à son pouvoir d’influence sur la psychologie des consommateur·rices. Elle démontre comment leur commercialisation exploite l’aspiration humaine pour ce qui dépasse l’ordinaire et explore les enjeux liés au niveau socio-économique qui conditionne leur accès, à l’expression des identités de genre qui les sous-tendent ainsi qu’à l’histoire de l’acquisition des matériaux olfactifs.
Pendant sa résidence à Bétonsalon, elle souhaite approfondir ses recherches sur les matériaux olfactifs en étudiant la manière dont les odeurs sont utilisées pour infléchir l’humeur et le comportement, à partir des études de l’ISIPCA (Institut Supérieur International du Parfum, de la Cosmétique et de l’Aromatique alimentaire) et des archives olfactives de l’Osmothèque de Versailles, le plus grand conservatoire de parfums au monde.



Résidence Institut français x Cité internationale des arts 2025 Lisa Freeman
La Cité Internationale
avril — juillet 2025
avril — juillet 2025
Lisa Freeman est lauréate du programme de résidence Institut français x Cité internationale des arts 2025, en partenariat avec Temple Bar Gallery + Studios.
Le projet de résidence
Lisa Freeman passera trois mois (avril à juillet 2025) à la Cité internationale des arts pour travailler au développement d’un nouveau film, avec le soutien d’une bourse de projet du Arts Council of Ireland. Cette résidence à Paris lui permettra de consacrer du temps à l’écriture d’un scénario et à l’élaboration d’un mood board de références qui développeront ses idées autour du mouvement, de la mise en scène, de l’éclairage et de la couleur. Les décors urbains et le bruit de la vie en ville ont inspiré ses films précédents : Approx 1 Second of a Sweet Kiss (tourné à Porto, au Portugal, 2023) et Hook, Spill Cry Your Eyes Out (tourné à Dublin, en Irlande, 2020).
Pour alimenter son écriture et sa recherche visuelle, elle visitera des musées tels que le Musée d’Orsay qui abrite les peintures de femmes artistes surréalistes et s’engagera dans les riches programmes cinématographiques du Jeu de Paume et de la Cinémathèque française, ainsi que dans la programmation diversifiée des cinémas indépendants de Paris.




Il ne faut pas oublier le futur – Bourse de recherche et de production ADAGP / Bétonsalon 2025 No Anger
2025 — 2026
Le comité artistique de la bourse ADAGP/Bétonsalon s’est réuni le 10 juin 2025 et a choisi No Anger comme lauréat·e. Iel est le·la huitième artiste à bénéficier de cette bourse après franck leibovici (2017), Liv Schulman (2018), Euridice Zaituna Kala (2019), Anne Le Troter (2021), Abdessamad El Montassir (2022), le duo Irma Name (2023) et Florian Fouché (2024).
La bourse de recherche ADAGP/Bétonsalon est une dotation de 15 000€ destinée à soutenir un·e artiste dans un travail de recherche sur plusieurs mois. Bétonsalon accompagne l’artiste dans son processus de recherche et de production, l’artiste reçoit 4 000€ d’honoraires et 8 000€ pour la production. Le projet artistique
Il ne faut pas oublier le futur Comment les corps dissidents peuvent-ils perturber une écriture patriarcale du futur, résister, et faire de l’espoir un acte politique ? Convoquant la figure du cyborg, celle de Donna Haraway, No Anger souhaite proposer des récits alternatifs aux rapports de subordination humain/machine, à travers l’expérimentation de formes de codépendance et d’hybridité qui échappent aux visions normatives et validistes des technologies. Il s’agira notamment de repenser la mise en récit des destins assignés aux corps marginalisés et invisibilisés à travers des stratégies cyber-féministes de hacking qui mettent en déroute les ontologies et temporalités dominantes.
Rejoignant les réflexions de Nathalie Magnan sur la construction médiatique des identités jugées subversives, cette recherche vise à mettre en lumière les contre-visualités que génèrent les médias tactiques investis par les collectifs activistes, ainsi que les représentations d’un commun minoritaire qu’ils participent à forger et diffuser. Envisageant le piratage et la viralité comme outils pour faire dérailler, contaminer et reconfigurer des réseaux et structures institutionnelles dysfonctionnels, ce projet vise à cripper nos imaginaires par l’exploration de « futurographies » en rupture avec les schémas binaires et technophobes. À travers l’intersection des expériences lesbienne, queer et handie, No Anger entend questionner la perception et l’encodage d’« états de corps » basés sur une relation de complémentarité et de réciprocité avec les technologies qui accompagnent et structurent son quotidien.
Reprenant la grammaire visuelle du film Lesborama (1995) de Nathalie Magnan et de l’émission L’Œil du Cyclone (diffusé sur Canal+ de 1991 à 2000), No Anger réalisera un film qui combine extraits d’archives écrites et filmiques du fonds Nathalie Magnan et expérimentations textuelles, vocales et performatives co-construites avec un robot. Profondément ancrée dans des récits personnels, cette œuvre tracera de multiples filiations à partir de témoignages de personnes concernées par ces enjeux, permettant ainsi de croiser des visions de futurs désirables et émancipatrices au sein de diverses communautés et contextes historiques.

Borborygmes Avec Sofia Batko, Estelle Benazet Heugenhauser, cl✰ra, Helena de Laurens, Star Finch, Hedwig Houben, Lisa Lecuivre et Nicole
samedi 5 juillet 2025
Dans le cadre de l’exposition « L’indomptable Main » d’Hedwig Houben, les artistes de ce programme sont invité·es à présenter une série de performances, de lectures et d’ateliers de pratique artistique depuis lesquels sonder les territoires ambigus de la gêne, du dégoût et de l’imprévu corporel. Explorant les formes et les résistances du corps face aux normes esthétiques et sociales, cette programmation se propose d’explorer le lâcher-prise dans sa puissance critique et libératrice.
Programme :
• De 16h à 17h
« De l’hystérie comme langue symptômale aux poétiques féministes : arts, corps, écriture. »
Conférence de Sofia Batko.
• De 17h à 18h
Discussion avec Hedwig Houben, Émilie Renard et Vincent Enjalbert autour de l’exposition « L’indomptable Main ».
• De 19h à 22h
Soirée « Borborygmes »
Lectures, performances et DJ set
Avec Nicole*, Lisa Lecuivre, Estelle Benazet Heugenhauser, Helena de Laurens, Star Finch et cl✰ra
On appelle borborygmes, les bruits qui, remontant de nos intestins, font entendre les liquides et les gazs des aliments que notre corps travaille plus ou moins laborieusement à transformer et digérer. On en conviendra, et bien que nous ne soyons pas tous·tes égaux·les face aux aliments, à l’heure de la digestion, une purée n’aura pas la même sonorité qu’un poivron cru… Burrrp, beuuuurp, beuuuurglll sont autant d’onomatopées qui convoquent les remues sonores de la matière en train de transmuter dans les arcanes de nos entrailles. Une machinerie de chairs faites d’acides et de liquides en tout genre qui rappelle à nos esprits, volontiers dans le déni, qu’un corps fonctionnel est un corps qui produit miasmes et gargouilles en nombre. Il est loin le mystère de l’alchimie, la mécanique de l’étron en devenir se fait entendre non sans bas bruits. Plus le son sera fort, durable et roulant, plus la gêne sera grande et avec elle, le dégoût de donner à entendre à d’autres l’image de son intérieur à l’œuvre. Inscrivant sa texture oratoire dans l’espace du dehors, le corps parle et s’écrit lui-même donnant à sentir le remugle de son langage. C’est ainsi que, bien malgré nous, les sons dégoulinent et débordent, tandis que les sourcils se froncent, les narines se dilatent et la lèvre supérieure se relève.
Dans sa performance Borborygmus¹, Hedwig Houben parle des borborygmes comme d’une manifestation du IT en elle : « IT, explique-t-elle, devant une table sur laquelle il y a des formes de viscères de couleur argile, est cette chose multiple, indéfinie et en devenir. (…) C’est comme si quelque chose avait réussi à entrer dans (m)on corps. Mais comment ? Et qui ? Et quoi ? »².
Au-delà de la simple anecdote ou de l’aparté, le borborygme — ou toute autre décharge phonique corporelle — convoque le langage d’un corps qui tremble, pompe et ondule au rythme des flux de son « maintenant ». D’un corps devenu momentanément autre, qui s’emballe et ne semble en faire qu’à sa tête. Quelque chose se manifeste qui, malgré nous, s’immisce dans notre logorrhée, la fait dévier, lui imposant interruption, reprise ou toussotement gêné. Quelque chose doit sortir, au sens propre comme au figuré, qui suscite gêne, dégoût de soi — ou de l’autre — perte de contrôle et étrangeté à soi. Que faire de ce IT ? Faut-il le dompter, le faire taire, le laisser faire ou lui ménager une place propre ?
À propos d’une autre forme de décharge, qu’est la gerbe, la poétesse américaine Dodie Bellamy affirme ainsi « c’est le chaos, c’est imprévisible, mais tu le sens dans tes tripes : ça va quelque part. Tu peux pas l’arrêter… Tu dois juste la laisser suivre son cours »³. Et si, ce qui nous dérangeait le plus, n’était pas tant cette découverte d’une intériorité autonome, que les regards alentour, traversés par la gêne, le dégoût et le jugement… Voilà déjà que pointe la morale, bâtissant ses fondements sur une réaction physiologique avancée comme « naturelle ». Expériences limites, installées aux frontières du pensable ou de l’acceptable, la gêne comme le dégoût convoquent à elles deux cette dimension morale fondatrice qui ordonne, redresse et fait tenir les corps. Peut-être nous faut-il déplacer la focale, laisser faire ce corps indocile pour interroger la gêne et le dégoût comme de puissants outils d’analyse des hiérarchisations et des discriminations que permettent leurs emplois sociaux et politiques. Comment le laisser-aller peut-il devenir une position intellectuelle, une méthodologie avec ses propres priorités esthétiques et politiques ? Qu’est-ce que cela signifie d’insister sur le désordre, l’improvisation et le lâcher-prise, pour ce que cela peut provoquer en nous comme chez les autres, comme moyen de critique culturelle et d’engagement politique ? Alors qu’on les croit spontanées et hors langage, ces manifestations corporelles et la gêne qu’elles suscitent ne sont-elles pas le fruit de nos habitus sociaux ? C’est précisément parce qu’elles habitent (ou sont reléguées) dans les franges sombres de nos comportements sociaux que nous avons besoin collectivement de les travailler, que nous avons besoin de mots pour les raconter, d’images pour les saisir, de gestes pour les rejouer. Ce programme vise à défaire et interroger les normes comportementales et esthétiques qui façonnent nos imaginaires.
Elena Lespes Muñoz







actions ~ partitions : retours vers les futurs
octobre 2025 — mars 2026
Notations, protocoles, scripts, dessins, schémas, archives, montages, récits… Et si toute performance était essentiellement liée à des formes d’écriture ? Et si ces traces d’un passé incertain contenaient en elles les possibles de futurs lointains ?
Dans ce cycle de conférences nous interrogerons le rapport entre action et partition dans différents champs de pratiques : artistique, institutionnel, militant. Des artistes viendront nous parler de leurs rapports aux archives comme à des partitions de performance ; des militant·es, des techniques qu’i·elles emploient pour transmettre leurs actions ; conservateur·ices et archivistes viendront nous parler des outils qu’i·elles déploient pour les conserver ; des commissaires d’exposition viendront nous parler des savoir-faire qu’i·elles mettent en place pour les (ré)activer.

« Tu vois je veux dire (suite) » – projet EAC en lycée Romain Grateau, Constantin Jopeck, Maureen Nass
novembre 2025 — juin 2026
« Tu vois je veux dire (suite) » est un projet d’Éducation Artistique et Culturelle (CREAC) mené par Bétonsalon – centre d’art et de recherche (Paris, 13e), le Centre d’art contemporain d’Ivry – Le Crédac (Ivry-sur-Seine, 94) et la Briqueterie – Centre de développement chorégraphique national du Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine, 94), en collaboration avec le lycée Adolphe Chérioux à Vitry-sur-Seine, le lycée Marianne de Villeneuve-le-Roi et le Lycée Armand Guillaumin d’Orly.
Initité en 2023-2024, le projet « Tu vois je veux dire » prend pour point de départ le « Programme Jeunes Médiateur·ices » de Bétonsalon et expérimente avec les élèves lycéen·nes différentes formes de médiation autour des pratiques artistiques issues des arts visuels et vivants. Ce projet, qui se poursuit en 2024-2025, contribue par l’observation, l’écoute, la rencontre avec des artistes et des professionnel·les de l’art, le dialogue et la pratique artistique à renverser les rôles et les voix traditionnellement associés aux discours sur les œuvres au sein des institutions culturelles et artistiques, cela en imaginant et en inventant des dispositifs originaux d’accompagnement du public : podcasts, visite dansée, conception et production graphique d’un support d’aide à la visite, etc.
En 2025-2026, les élèves de huit classes de trois lycées du Val-de-Marne ont pu partager et expérimenter de nouvelles manières de faire et de porter la médiation autour de l’exposition de Pierre Creton « Sambucus Nigra » présentée au Crédac d’avril à juin 2026 :
• Au lycée Adolphe Chérioux, une classe de 2nde STD2A a travaillé avec l’artiste Maureen Nass. Les séances ont articulé le visionnage des films de Pierre Creton, des ateliers dans le but de concevoir une carte sensible (dessin, collage, cartographie) à partir des matières récoltées lors des mises en mouvement, ainsi qu’un travail d’écriture autour de l’imaginaire du jardin, menés à la fois in situ en extérieur au lycée et dans le studio de la Briqueterie.
• Au lycée Marianne, les classes de 1ère générale, de 1ère et Ter. Spé. Arts Plastiques ont travaillé avec l’artiste Romain Grateau. Les séances ont articulé prélèvements d’images, scans, ateliers d’écriture autour des textes de Pierre Creton et Annie Ernaux, puis travaux de collage et de photomontage, en mettant l’accent sur la notion d’herbier contrarié et sur le détournement d’outils bureautiques — photographie, photocopie, impression — pour produire des images ; cet ensemble a abouti à la publication de l’édition Ne pas écrire sur les tables.
• Au lycée Armand Guillaumin, une classe de 1ère Coiffure a travaillé avec l’artiste Constantin Jopeck. Les séances ont pris la forme d’un atelier de pratique cinématographique où les élèves, réparti·es en binômes, ont coiffé des perruques pendant que la séance était filmée. Elles se sont poursuivies par deux ateliers de pratique plastique autour des herbiers : après une présentation du travail de Pierre Creton et la projection d’extraits de Sept promenades avec Mark Brown dans le CDI, les élèves ont réalisé des herbiers en lien avec la coiffure, en travaillant à partir d’un geste technique appliqué à une plante, puis ont poursuivi ce travail en réalisant une courte vidéo de leur geste, les pratiques de coiffure ayant été filmées par Constantin Jopeck pour la vidéo Les Frondeuses. Le travail a également donné lieu à un journal.














« PEAC » – Avec le collège Marcel Cachin du Blanc-Mesnil Inès Bel Mokhtar
2025
Dans le cadre d’un « Programme Jeunes Médiateur·ices », une classe UPE2A du collège Marcel Cachin (Le Blanc-Mesnil) a travaillé sur l’exposition « Cœur de bergère » d’Orla Barry dans le but de la présenter à leur tour à une autre classe.
• Le Programme Jeunes Médiateur·ices :
La classe UPE2A a été amenée à découvrir l’exposition d’Orla Barry, à faire des recherches sur l’artiste et à concevoir et mener une visite guidée pour une classe de 6ème venue au centre d’art à l’occasion d’une restitution collective.
• Le Workshop :
En vue de conclure la rencontre des élèves avec le travail d’Orla Barry, un workshop avec l’artiste et dé-designer Inès Bel Mokhtar a été organisé au collège afin de concevoir une petite édition, à partir de leurs souvenirs attachés à un objet personnel en tissu. À travers ce temps de pratique artistique, les élèves ont pris comme point de départ leur découverte du travail d’Orla Barry, à la croisée de l’écriture, de la narration et du travail du textile. Inès Bel Mokthar a ainsi proposé sur une demi-journée une initiation à l’édition à travers la création collective d’un fanzine, portant sur les diasporas dont ils et elles sont originaires. Mêlant écriture, image, typographie et matière, le workshop a invité chacun·e à réfléchir au lien entre textile, mémoire et territoire, tout en résonnant avec l’exposition « Cœur de bergère ».





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