
Magnanrama : Médias, technologies, identités, réseaux autour de Nathalie Magnan
Avec Nathalie Magnan, No Anger, Cindy Coutant, Chloé Desmoineaux avec Bobby Brim et ada LaNerd, Guerrilla Girls, Old boys Network, Paper tiger Television, am05, Julia Scher, VNS Matrix
Scénographie: Cécile Bouffard
Graphisme: Clara Pasteau
Avec la complicité de Reine Prat
Loin d’être des outils neutres, les technologies et les médias façonnent profondément nos relations affectives, nos intimités et nos façons de voir le monde. Ils nourrissent nos imaginaires, forgent nos identités et définissent les réseaux dans lesquels on évolue, qu’ils soient numériques, géographiques, affinitaires, ou tout ça à la fois. Des utilisations que l’on en fait, et surtout de celles que l’on invente, découlent nos possibilités d’action et de résistance. Cette exposition propose de déplier ces enjeux contemporains en regard d’un parcours, celui de Nathalie Magnan (1956-2016), figure importante et encore peu connue de l’histoire des médias, des technologies et du féminisme. Des années 1980 aux années 2010, Nathalie Magnan a exploré ces questionnements depuis divers terrains de pensée et d’actions. Retraçant son parcours à travers des archives et des films et rassemblant des artistes avec qui elle a travaillé ou dont les pratiques prolongent les siennes, l’exposition MAGNANRAMA compose une biographie collective qui met en lumière la portée actuelle de ses combats pour les questions de genre dans les technologies et pour une lecture critique des médias. Théoricienne des médias, réalisatrice, cyberféministe, navigatrice des mers et des internets, Nathalie Magnan a contribué à l’histoire de la pensée, des médias et des technologies, du féminisme et des luttes lgbtqia+ de façon transdisciplinaire, vivante et généreuse. Enseignante, webmistress, hacktiviste, artiste sans qu’elle n’ait jamais utilisé ce qualificatif, Nathalie Magnan a joué un rôle de passeuse entre des scènes géographiques, des milieux intellectuels et militants et des champs disciplinaires qui se côtoient peu et ne dialoguent pas toujours. Privilégiant le travail en collectif, avec des méthodologies féministes et rhizomatiques où le do it yourself est incitatif et contagieux, Nathalie Magnan a toujours œuvré à la collecte, la rencontre et au croisement entre des images, des textes, des personnes, des luttes et des machines. Disparue en 2016, elle laisse en héritage ses interrogations acérées sur la façon dont les médias transforment nos visions du monde, sa conviction dans l’agentivité de chacun·e à produire ses propres représentations, sa méthodologie participative d’investigation et son humour.
Nathalie Magnan
Théoricienne des médias, réalisatrice, cyberféministe, navigatrice des mers et des internets, Nathalie Magnan (1956—2016) a accompagné l’histoire de la pensée, des médias et des technologies, du féminisme et des luttes lgbtqi+ de façon transdisciplinaire, vivante et généreuse. Enseignante, webmistress, hacktiviste, initiatrice de festivals et d’évènements, artiste sans qu’elle n’ait jamais utilisé ce qualificatif, Nathalie Magnan a eu un rôle de passeuse entre des scènes géographiques, des milieux intellectuels et militants et des champs disciplinaires qui se côtoient peu et ne dialoguent pas toujours. Travaillant souvent en collectif, avec des méthodologies féministes et rhizomatiques où le do it yourself est incitatif et contagieux, Nathalie Magnan a toujours œuvré à la collecte, la rencontre et au croisement entre des images, des textes, des personnes, des luttes et des machines.
Assistante de Donna Haraway lorsqu’elle est étudiante à l’Université de Santa Cruz, puis traductrice du Manifeste cyborg, Nathalie Magnan a participé aux collectifs de médias indépendants Paper Tiger TV et Deep Dish TV, et réalisé plusieurs films documentaires, notamment Lesborama pour Canal+ en 1995.
Présidente et co-fondatrice du Festival de films gays et lesbiens de Paris (devenu Chéri·es Chéris), elle a enseigné dans différentes universités aux États-Unis et en France, avant de devenir professeure à l’École nationale supérieure d’art de Dijon, puis à Bourges. Son intérêt pour les technologies, toujours ancré au présent, s’est ensuite mêlé au cyberféminisme, aux médias tactiques et à l’hacktivisme, sans dissocier organisation d’évènements de contre-culture digitale, modération de listes de diffusion féministes, codage de sites internet et écriture d’articles et de textes. En 2000, en réponse au symposium international des arts électroniques (Isea) qui se tient à Paris sans qu’aucune femme n’y soit intervenante, elle organise un Isea Off en mixité choisie au Centre d’information et de documentation de l’École des beaux-arts de Paris.
Mathilde Belouali
Mathilde Belouali est commissaire d’expositions, critique d’art et travailleuse de l’art. En 2024, elle devient directrice du Centre d’art contemporain Les Capucins, à Embrun dans les Alpes du Sud. Elle y organise des expositions avec, entre autres, Valentine Gardiennet, Pauline L. Boulba et Aminata Labor, Radouan Zeghidour, Benoit Piéron, Stéphanie Cherpin et David Posth-Kohler. Elle est également commissaire invitée à Triangle-Astérides à Marseille en 2024 et, en 2026, au centre d’art de la Villa Arson à Nice, aux Capucins à Embrun et à Bétonsalon à Paris, où elle a auparavant travaillé comme Responsable des expositions pendant quatre ans. Elle y a notamment développé en 2023, le programme « Cap pour l’île des vivantes » autour des écritures lesbiennes et queer, et a accompagné Jagna Ciuchta et Ève Gabriel Chabanon pour leurs expositions et monographies.
Cette exposition est conçue avec la complicité de Reine Prat, en partenariat avec la Villa Arson, Nice et le centre d’art contemporain Les Capucins à Embrun, où elle actuellement présentée jusqu’au 23 août 2026. Bénéficiant du soutien du programme « Mieux Produire Mieux Diffuser » du Ministère de la Culture, elle a été rendue possible par la collaboration des Archives de la critique d’art, Institut national d’histoire de l’art, Université Rennes 2, où est conservé le fonds d’archives de Nathalie Magnan. L’œuvre de No Anger présentée dans cette exposition a été produite avec le soutien de l’ADAGP dans le cadre de la bourse ADAGP / Bétonsalon 2025.