
Magnanrama : Portraits, réseaux et actualités de Nathalie Magnan
Scénographie: Cécile Bouffard
Graphisme: Clara Pasteau
Avec la complicité de Reine Prat
Théoricienne des médias, réalisatrice, cyberféministe, navigatrice des mers et des internets, Nathalie Magnan (1956-2016) a contribué à l’histoire de la pensée, des médias et des technologies, du féminisme et des luttes lgbtqi+ de façon transdisciplinaire, vivante et généreuse. Enseignante, webmistress, hacktiviste, artiste sans qu’elle n’ait jamais utilisé ce qualificatif, Nathalie Magnan a joué un rôle de passeuse entre des scènes géographiques, des milieux intellectuels et militants et des champs disciplinaires qui se côtoient peu et ne dialoguent pas toujours. Privilégiant le travail en collectif, avec des méthodologies féministes et rhizomatiques où le do it yourself est incitatif et contagieux, Nathalie Magnan a toujours œuvré à la collecte, la rencontre et au croisement entre des images, des textes, des personnes, des luttes et des machines.
Assistante de la philosophe et historienne des sciences Donna Haraway lorsqu’elle est étudiante à l’Université de Californie à Santa Cruz dans les années 1980, puis traductrice vers le français de son essai précurseur A Cyborg Manifesto , Nathalie Magnan a participé aux collectifs de télévision d’accès public Paper Tiger Television et Deep Dish Television. De retour en France dans les années 1990, elle réalise plusieurs films, notamment Lesborama pour la première Nuit Gay de Canal+ en 1995. Co-fondatrice et un temps présidente du Festival de films gays & lesbiens de Paris (devenu Chéri·es Chéris), collaboratrice de la revue Gai Pied, elle devient ensuite professeure à l’École nationale supérieure d’art de Dijon, puis de Bourges. Partie prenante des milieux cyberféministes, médias tactiques et hacktivistes, Nathalie Magnan organise des évènements de contre-culture digitale, modère des listes de diffusion féministes, code des sites internet, écrit, traduit des textes et coordonne des ouvrages collectifs. En 2000, en réponse au Symposium international d’art électronique (ISEA) qui se tient à Paris sans qu’aucune femme n’y soit intervenante, elle organise un Isea Off en mixité choisie au Centre d’information et de documentation de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. En 2004 et 2005, en Finlande puis sur le détroit de Gibraltar, elle organise deux traversées en mer intitulées Sailing for Geeks, qui rassemblent des artistes et activistes autour des technologies de communication, rapprochant par-là la navigation à la voile et sur la toile.
Nathalie Magnan est décédée à l’âge de soixante ans des suites d’un cancer du sein métastasé. Elle laisse en héritage ses combats pour les questions de genre dans les technologies, ses interrogations acérées sur la façon dont les médias transforment nos visions du monde, sa conviction dans l’agentivité de chacun·e à produire ses propres représentations, sa méthodologie participative d’investigation et son humour. Nombreux·ses sont celleux qui l’ont côtoyée et se demandent ce qu’elle aurait pensé, écrit et fait de notre époque, des réseaux sociaux auxquels on confie notre vie intime et nos données, d’une pandémie qui a reconfiguré nos rapports à la distance et à la vulnérabilité, des possibilités de l’intelligence artificielle, des médias majoritaires détenus par l’extrême-droite et des génocides retransmis en direct au creux de nos mains. Nombreux·ses aussi sont celleux qui se passionnent pour son fonds d’archives, déposé aux Archives de la critique d’art à Rennes par sa compagne Reine Prat, fonds qui brouille joyeusement les distinctions entre vie privée et vie professionnelle, culture institutionnelle et autogestion, activisme et transmission, rebattant les cartes des disciplines, des genres et des questions de légitimité.
L’exposition ne se veut pas simplement un portrait et un femmage, mais plutôt une biographie collective et ouverte sur le présent, où la pensée, les combats et les ponts que Nathalie Magnan a su créer se retrouvent chez différentes générations d’artistes et penseureuses.
Nathalie Magnan
Théoricienne des médias, réalisatrice, cyberféministe, navigatrice des mers et des internets, Nathalie Magnan (1956—2016) a accompagné l’histoire de la pensée, des médias et des technologies, du féminisme et des luttes lgbtqi+ de façon transdisciplinaire, vivante et généreuse. Enseignante, webmistress, hacktiviste, initiatrice de festivals et d’évènements, artiste sans qu’elle n’ait jamais utilisé ce qualificatif, Nathalie Magnan a eu un rôle de passeuse entre des scènes géographiques, des milieux intellectuels et militants et des champs disciplinaires qui se côtoient peu et ne dialoguent pas toujours. Travaillant souvent en collectif, avec des méthodologies féministes et rhizomatiques où le do it yourself est incitatif et contagieux, Nathalie Magnan a toujours œuvré à la collecte, la rencontre et au croisement entre des images, des textes, des personnes, des luttes et des machines.
Assistante de Donna Haraway lorsqu’elle est étudiante à l’Université de Santa Cruz, puis traductrice du Manifeste cyborg, Nathalie Magnan a participé aux collectifs de médias indépendants Paper Tiger TV et Deep Dish TV, et réalisé plusieurs films documentaires, notamment Lesborama pour Canal+ en 1995.
Présidente et co-fondatrice du Festival de films gays et lesbiens de Paris (devenu Chéri·es Chéris), elle a enseigné dans différentes universités aux États-Unis et en France, avant de devenir professeure à l’École nationale supérieure d’art de Dijon, puis à Bourges. Son intérêt pour les technologies, toujours ancré au présent, s’est ensuite mêlé au cyberféminisme, aux médias tactiques et à l’hacktivisme, sans dissocier organisation d’évènements de contre-culture digitale, modération de listes de diffusion féministes, codage de sites internet et écriture d’articles et de textes. En 2000, en réponse au symposium international des arts électroniques (Isea) qui se tient à Paris sans qu’aucune femme n’y soit intervenante, elle organise un Isea Off en mixité choisie au Centre d’information et de documentation de l’École des beaux-arts de Paris.
Une exposition en trois volets co-produite par la Villa Arson, Nice (20 février – 31 mai 2026), le Centre d’art contemporain Les Capucins, Ville d’Embrun (26 juin – 23 août 2026) et Bétonsalon – Centre d’art et de recherche, Paris, en partenariat avec les Archives de la critique d’art / Université Rennes 2.