BS n°43 – Surexposée, comme aux rayons X
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Présentation
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BS n°43 – Surexposée, comme aux rayons X
Sandra Lahire
mai 2026
Sandra Lahire (Royaume-Uni, 1950-2001) est une cinéaste expérimentale féministe dont l’œuvre a marqué nombre d’artistes et de cinéastes, sans qu’elle ait eu à ce jour l’attention qu’elle mérite, particulièrement en France1. Comme beaucoup de ses contemporain·es à Londres, elle a travaillé au sein de la London Film-Makers’ Co-operative (LFMC), une organisation autogérée regroupant les activités de production, d’exposition et de distribution de films expérimentaux. Active dès la fin des années 1960, cette coopérative a été le point d’ancrage d’un mouvement cinématographique intense, uni par un engagement commun à explorer la matérialité du film, notamment à travers des manipulations directes de la pellicule. Au milieu des années 1980, tout en poursuivant ces expérimentations sur les qualités plastiques du médium filmique, Sandra Lahire intègre des enjeux autobiographiques et documentaires, plaçant la pellicule en relation constante avec d’autres substances : celles des corps – humains et non-humains –, des paysages et des flux qui les traversent. À travers un large éventail de techniques expérimentales créant des surfaces texturées en strates multiples, elle matérialise la co-implication des corps, la contiguïté physique qui existe entre elle-même et les autres vivants – humains, animaux, végétaux – envisagés comme autant de matières organiques et périssables. Depuis sa propre vulnérabilité – Lahire souffrait d’anorexie –, elle crée ce que la théoricienne féministe américaine Stacy Alaimo nomme un « espace transcorporel », où la corporalité humaine est liée, dans toute sa chair, à l’environnement, par leur condition commune de matières irrémédiablement perméables et contaminées.
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