
Avec AFALFL, Chadoh et Pérégrine
Atelier et concerts de live coding
Un programme sonore curaté avec Manon Barbe, Vincent Enjalbert et Elena Lespes Muñoz
Dans le cadre du Festival des fiertés des 12e, 13e et 14e arrondissements
Dans le cadre de l’exposition « MAGNANRAMA », dédiée à Nathalie Magnan (1956–2016), « gouine des technologies et des internets »¹, et du Festival des fiertés des 12ᵉ, 13ᵉ et 14ᵉ arrondissements, un temps fort est proposé autour du live coding, pratique artistique qui consiste à coder en direct pour générer du son et/ou de l’image.
« Le live coding est une pratique d’improvisation où les langages de programmation deviennent des instruments de création en temps réel. Durant leur performance, les live coders écrivent et modifient du code, le projettent afin que le public puisse suivre leur processus créatif. Cette transparence transforme la programmation en un moment d’expression artistique ouvert, partagé, visible de tous·tes. Cette pratique se situe au croisement de l’informatique musicale, de l’ingénierie logicielle, de l’improvisation et de la musique algorithmique ou générative. (…) En transformant l’ordinateur en instrument, le live coding offre un contrepoint intéressant au paysage habituel (…) des lutheries contemporaines. »²
Loin d’être neutres, les technologies façonnent nos imaginaires et nos façons d’agir : en faisant fi des applications musicales et en manipulant le code à la source, le live coding invite à développer un regard critique sur notre rapport à l’informatique, considéré au mieux de manière utilitaire, au pire comme compliqué ou oppressant. En utilisant l’ordinateur comme instrument, les live coders détournent un outil pensé pour le travail et le commerce de ses fonctions. Comme le souligne Renick Bell, musicien informatique nord-américain, programmeur et pionner du live coding, « ce serait beaucoup mieux si on avait plus de contrôle, si on pouvait être les médiateur·ices de nos propres vies avec nos propres algorithmes, plutôt que d’être esclaves des algorithmes commerciaux »³. Le live coding apparaît ainsi comme un espace de militantisme, prônant un échange libre des idées et des savoirs.
Héritier·es de la culture hacker et des philosophies du logiciel libre et open source, les live coders s’inscrivent pleinement dans les usages créatifs et critiques des machines revendiqués par Nathalie Magnan et proposent des temps d’exploration et de conversation avec la machine et le public.
Cet événement poursuit la volonté de Magnan de rendre vivantes et contagieuses les pratiques d’appropriation des technologies et prolonge son héritage : produire ses propres représentations, croiser les luttes LGBTQIA+ et les machines, et faire du code un outil d’expression, de résistance et de fête.
Au programme de « Code Lovers », deux performances de live coding visuel et sonore, à la croisée de l’art génératif et des musiques électroniques expérimentales. Pérégrine à l’image et AFALFL au son conjuguent leurs univers dans un dialogue entre créations visuelles en temps réel, basses puissantes et improvisation libre. Quant à Chadoh, iel nous embarque entre nappes ambient et kicks énergiques, pour un voyage où la fête rencontre l’expérimentation.
¹ Mathilde Belouali, in J’ai rencontré Nathalie Magnan (1956-2016), portrait en réseaux, 2026, éd. Villa Arson, avec la participation de Bétonsalon et du Centre d’art contemporain Les Capucins, Ville d’Embrun.
² Définition tirée du site internet livecoding.fr, dédié à la mise en valeur de la pratique du live coding en France.
³ Dans l’émission « Algorave : la teuf en open source ? » d’Arte Tracks, 2025.
AFALFL
Né en Mauritanie et installé à Paris, AFALFL, alias Mamady Diarra, est un ancien DJ, aujourd’hui musicien et live coder. Après des études en sciences sociales et humaines, il a décidé de se consacrer à sa passion pour la musique et les arts numériques. Actuellement directeur technique (CTO) à l’Internet of Dead Things Institute (Iodt), Mamady enseigne également à No School Nevers. AFALFL s’est découvert une attirance pour la scène musicale électronique expérimentale et underground parisienne. Ce producteur et codeur en direct utilise des logiciels open source, ainsi que des boîtes à rythmes, du code informatique qu’il écrit lui-même et des synthétiseurs… Il en est venu à appréhender la musique selon sa propre vision, avec un penchant particulier pour les rythmes puissants, la musique électronique axée sur la basse et l’improvisation libre.
Pérégrine
Attirée depuis toute petite par l’art génératif et la scène démo, Pérégrine pratique le live coding visuel depuis un an au sein du Cookie Collective. Elle aime les maths, les jeux vidéos indépendants, la science-fiction, le son des synthétiseurs analogiques, et sans surprise, les cookies au chocolat. Elle vit à Paris avec son meilleur ami, leur chat, et dix ordinateurs.
Cookie Collectif
AFALFL et Pérégrine sont membres de Cookie Collectif qui rassemble des programmeur·ses, ingénieur·es et hackeur·ses français·es spécialisé·es dans la création en temps réel, notamment dans les domaines des jeux vidéo, des installations artistiques, du vidéomapping, de la demoscène, de l’algorave, etc.
Chadoh
Baigné dans la musique électro-acoustique, Chadoh défend une fête libre et décomplexée. Son live coding allie ambient et obsession pour le kick, offrant un voyage mystérieux et énergique entre teuf et expérimentation. Membre du collectif Ethereal Tempo, il inscrit sa pratique dans une démarche de non-scission des univers musicaux électroniques.
Cet évènement prend place dans le cadre du Festival des fiertés des 12ᵉ, 13ᵉ et 14ᵉ arrondissements, il bénéficie du soutien de la Mairie du 13e arrondissement de Paris.