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  • Bétonsalon - centre d'art et de recherche

    9 esplanade Pierre Vidal-Naquet

    75013 Paris
    +33.(0)1.45.84.17.56
    Adresse postale
    Bétonsalon - centre d'art et de recherche
    Université de Paris
    5 rue Thomas Mann
    Campus des Grands Moulins
    75205 Paris Cédex 13
  • Anne Le Troter, Les volontaires, pigments-médicaments
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  • Anne Le Troter, Les volontaires, pigments-médicaments

    Exposition du 18 février au 23 avril 2022
    Ouverture : jeudi 17 février, à partir de 16h.

    Commissaire : Émilie Renard

    L’expo­si­tion reçoit le sou­tien de l’ADAGP – société fran­çaise des auteurs des arts visuels dans le cadre de la bourse de recher­che ADAGP / Bétonsalon dont la Bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou est par­te­naire, de la Fondation Pernod Ricard et de la gale­rie frank elbaz.

    Avec cette expo­si­tion, Anne Le Troter pour­suit son explo­ra­tion des méca­nis­mes du lan­gage et de la puis­sance de la parole à tra­vers le son, l’écriture et l’ins­tal­la­tion. Lauréate en 2021 de la bourse ADAGP consa­crée au fonds Marc Vaux, elle en aborde les mil­liers de cli­chés comme s’il s’agis­sait d’une vaste archive sonore peu­plée de voix d’artis­tes. De 1920 à 1970, Marc Vaux docu­mente la vie artis­ti­que à Paris en pho­to­gra­phiant artis­tes et modè­les, œuvres, expo­si­tions, salons, ate­liers, gale­ries, cafés, bals, fêtes ainsi qu’une masse impor­tante de docu­ments admi­nis­tra­tifs. Avec près de cent trente mille pho­to­gra­phies conser­vées à la biblio­thè­que Kandinsky au Centre Pompidou, ce fonds offre de la scène artis­ti­que pari­sienne l’image d’un foyer de créa­tion hybride et trans­na­tio­nal, et témoi­gne d’un quo­ti­dien nourri d’his­toi­res indi­vi­duel­les et col­lec­ti­ves qui déro­gent lar­ge­ment au récit d’une moder­nité homo­gène, agré­gée autour de quel­ques figu­res héroï­ques.


    Anne Le Troter, Mobile sonore, 2020
    Courtesy gale­rie frank elbaz, Paris

    Parmi les cinq mille artis­tes repré­sen­té·es, Anne Le Troter s’inté­resse à des per­son­nes plus ano­ny­mes, mili­tant·es et fédé­ra­teur·­ri­ces, comme l’ont été par exem­ple Marie Vassilieff avec la « can­tine popu­laire pour artis­tes et modè­les » qu’elle ouvre en 1914, Louise Hervieu qui fonde en 1937 une « asso­cia­tion pour l’ins­ti­tu­tion du Carnet de santé » ou encore Marc Vaux lui-même qui accueille en 1946 un « foyer d’entraide pour artis­tes et intel­lec­tuels ». Inspirée par les détours de ces vies d’artis­tes occu­pé·es par le soin, Anne Le Troter com­pose une pièce de théâ­tre sonore où elle donne à enten­dre les voix d’artis­tes poly­ac­tif·­ves, soi­gnant·es ou soi­gné·es, art-thé­ra­peu­tes, modè­les, infir­mier·è­res, ambu­lan­cier·è­res, résis­tant·es. En son­dant leurs paro­les dans les inters­ti­ces d’images muet­tes, elle com­pose entre elles et eux des conver­sa­tions autour de leur santé, de leurs mala­dies pro­fes­sion­nel­les, de leurs mobi­li­sa­tions, des condi­tions maté­riel­les de leurs vies, etc. Pour cela, elle invite des tra­vailleur·­ses de l’art vivant·es – Victoire Le Bars, Ségolène Thuillart, Simon Nicaise, Nour Awada, Agathe Boulanger, Martin Bakero, Romain Grateau, Emmanuel Simon, Eva Barto et Juliette Mailhé – à prêter leurs voix et à parler avec des artis­tes pour ainsi dire pas mort·es du fonds Marc Vaux – Suzanne Duchamp, Henri-Georges Adam, Marie Vassilieff, Max Beckmann, Joy Ungerer, Jean Cocteau, Anne Chapelle, Bessie Davidson, Madeleine Dumas, Ossip Zadkine, Claudette Bergougnoux, Kiki de Montparnasse, Paul Éluard, Joséphine Baker… Les dif­fé­rent·es pro­ta­go­nis­tes de cette pièce sonore navi­guent entre les bribes d’une his­toire de l’art et des poli­ti­ques fran­çai­ses de santé pour les artis­tes ; elles et ils obser­vent à la fois leur rat­ta­che­ment au régime géné­ral de la sécu­rité sociale et leur insé­cu­rité sociale (pas de congés pour la mater­nité, ni pour la mala­die ou les acci­dents pro­fes­sion­nels) ; elles et ils racontent les luttes des tra­vailleur·­ses de l’art, retra­cent l’avè­ne­ment du carnet de santé, écoutent les couacs de l’assu­rance vieillesse et se lais­sent guider par l’entraide, les pig­ments et les médi­ca­ments. Celles et ceux qu’Anne Le Troter appelle « les volon­tai­res » com­po­sent, au fil de leurs conver­sa­tions, une nou­velle iden­tité trans­his­to­ri­que. Ensemble, elles et ils élaborent l’auto­bio­gra­phie médi­cale d’un corps col­lec­tif hybride.

    À Bétonsalon, ce récit poly­pho­ni­que se love au sein du centre d’art. Les voix cou­rent le long de fra­gi­les rami­fi­ca­tions métal­li­ques qui affleu­rent des failles du sol ; des réseaux de câbles audio tom­bent mol­le­ment du pla­fond pour se connec­ter à des peti­tes encein­tes désos­sées et vien­nent cares­ser un sol sonore ; les souf­fles et flui­des cor­po­rels font vibrer les sur­fa­ces vitrées. Cette méca­ni­que du son mise à nue s’incarne dans la matière du lieu comme s’il s’agis­sait d’une vaste enve­loppe char­nelle ampli­fiée. La conduc­ti­vité du son est par­tout fra­gile et demande une atten­tion par­ti­cu­lière, des pieds jusqu’aux oreilles. Au fur et à mesure de l’écoute, les mots se mêlent aux bruits de ce corps col­lec­tif recom­posé et les sons envi­ron­nants adhè­rent à ses paro­les. On pour­rait croire ces deux sour­ces sono­res oppo­sées – l’une dis­cur­sive, l’autre bruyante –, mais une écoute atten­tive montre qu’elles se modi­fient au contact l’une de l’autre, et le sens se brouille et le bruit prend sens.


    Anne Le Troter, Les mots à la bouche, 2020, dessin
    Courtesy gale­rie frank elbaz, Paris

    Biographie

    Anne Le Troter (1985) est une artiste basée à Paris. C’est après l’écriture de deux livres L’ency­clo­pé­die de la matière et Claire, Anne, Laurence qu’elle com­mence à tra­vailler, par cycle, sur les modes d’appa­ri­tion de la parole de grou­pes déter­mi­nés en addi­tion­nant les expo­si­tions (sou­vent des pièces sono­res) pro­dui­sant, à la fin, des pièces écrites. Ainsi Anne Le Troter invite des grou­pes de per­son­nes tels que les artis­tes ASMR à venir tra­vailler avec elle (L’appé­tence, pièce sonore, 2016 Prix du Salon de Montrouge et du Palais de Tokyo). Après avoir tra­vaillé sur une forme de com­mer­cia­li­sa­tion de la parole – au cours d’un cycle d’ins­tal­la­tions sono­res autour de la figure de l’enquê­teur télé­pho­ni­que, cycle étendu sur la durée de deux expo­si­tions per­son­nel­les et une col­lec­tive (Les mitoyen­nes à La BF15 à Lyon en 2015, Liste à puces au Palais de Tokyo en 2017 et Les silen­ces après une ques­tion à l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne en 2017) – le tra­vail d’Anne Le Troter prend aujourd’hui le chemin du genre de l’anti­ci­pa­tion. Invitée par la fon­da­tion Pernod Ricard, la Biennale de Rennes, le centre d’art contem­po­rain Le Grand Café à Saint Nazaire, le Nasher Sculpture Center à Dallas et le Centre Pompidou l’artiste engage un nou­veau cycle d’écriture autour de la notion de bio­gra­phie, de fic­tion et d’utopie. En 2019, elle est lau­réate de la Villa Kujoyama à Kyoto, en 2021 de la bourse Mondes Nouveaux ainsi que de la bourse de recher­che ADAGP – Bétonsalon asso­cié à la biblio­thè­que Kandinsky, Centre Pompidou. Suite à l’expo­si­tion Les volon­tai­res, pig­ments-médi­ca­ments à Bétonsalon, son tra­vail sera pré­senté en 2022 à l’Institut d’art contem­po­rain de Villeurbanne et à Ygrec à Aubervilliers.

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