
Retour sur les archives de l’exposition « Eldoradio » (2011) à Bétonsalon
Dans le cadre de cette nouvelle session de « Parties Prenantes », rendez-vous régulier d’arpentage de nos archives, nous nous penchons sur les archives de l’exposition « Eldoradio », présentée à Bétonsalon en 2011 sous la co-direction de Mélanie Bouteloup et Anna Colin, à l’occasion du trentième anniversaire de la libération des ondes en France. Réunissant de nombreux artistes – Franck Leibovici, Louise Hervé et Clovis Maillet –, chercheur·euses – Thierry Lefebvre, Elisabete Fernandes –, réalisateur·rices – Isabelle Cadière, les frères Dardenne –, collectifs – L’Encyclopédie de la parole –, ainsi que des professeur·es – Cécile De Bary, Thierry Lefebvre, Richard Millet, Frédérique Berthet et Arnaud Maïsetti – et des étudiant·es de l’Université Paris Cité, cette exposition s’articulait autour des archives radiophoniques de l’association Eldoradio. Ces archives ont été réunies hors des circuits institutionnels par un groupe de passionné·es, d’amateur·rices et de professionnel·les de la radio, parmi lesquel·les Joëlle Girard – archiviste et documentaliste, directrice déléguée d’Eldoradio.fr –, qui a constitué une base de données d’archives radiophoniques comportant plus de 50 000 notices couvrant une période allant de 1958 à 2008, ainsi qu’un ensemble de documents (vidéos, coupures de presse, affiches, autocollants, etc.) liés au média radiophonique.
À travers des cartographies, films et enregistrements proposant différents modes d’approche d’un corpus documentaire hétérogène (archives sonores, affiches, articles de presse, photographies, magazines etc.), l’exposition retraçait plusieurs moments clés de l’histoire de la radio : de l’effervescence des radios libres, militantes et pirates, consécutive à l’abolition du monopole d’État sur les ondes en 1981, à l’émergence des web radios dans les décennies suivantes. Elle mettait également en lumière le rôle primordial joué par des communautés minorées (à l’instar la radio guyanaise Radio Voka) et des femmes (abordé les documentaires d’Isabelle Cadière) dans l’émergence de ces pratiques radiophoniques et de ses usages politiques. L’exposition était accompagnée d’une riche programmation – concerts, séances d’écoute, conférences, projections et ateliers co-construits avec le GRER (Groupe de Recherches et d’Études sur la Radio) – qui a permis de dresser un vaste panorama de l’évolution des pratiques radiophoniques en France et sur laquelle nous reviendrons aux côtés de Thierry Lefebvre, alors maître de conférence à l’Université Paris Cité et partie prenante de l’exposition.
Thierry Lefebvre
Titulaire d’un doctorat d’État en pharmacie (Université Paris Descartes) et d’un doctorat en études cinématographiques et audiovisuelles (Université Sorbonne Nouvelle), Thierry Lefebvre est historien des médias et des sciences médicales. De 1997 à 2022, il est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Cité. Il est l’auteur de plusieurs centaines d’articles et notes, ainsi que de nombreux ouvrages, dont La Bataille des radios libres (Nouveau Monde/Ina, 2008), Radios libres, 30 ans de FM. La parole libérée ? (L’Harmattan/INA Éditions, 2016), Carbone 14, histoire et légende d’une radio pas comme les autres (Ina, 2012), ainsi que plusieurs ouvrages co-écrit avec Cécile Raynal, dont Un studio de télévision à l’école. Le collège expérimental audiovisuel de Marly-le-Roi (1966-1992), Glyphe, 2017. Son dernier livre, Le Crépuscule des radios libres, est paru en 2025.
