
« Se faire des films » Conférence de Stella Cani & Aminata
Dans le cadre du cycle de conférences « Action ~ partitions : Retours vers les futurs » conçu par Clélia Barbut, en partenariat avec l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis
Dans son livre Perverse Spectators, la théoricienne du cinéma Janet Staiger parle de la capacité dont les spectateurices transpédébigouines se font des films quand iels vont voir des films d’hétéros au cinéma. Cette référence a été importante pour nous dans nos manières de nous positionner face à une histoire de l’art hégémonique qui oublie ou met de côté certains (contre)récits.
Depuis 2020, nous développons un travail autour d’archives queer-lesbiennes dans le champ de l’art. D’abord autour de la figure de Jill Johnston (1929-2010) – icône critique et féministe célébrée de son vivant, puis invisibilisée dans les récits sur les avants-gardes artistiques des années 70 aux USA. Pendant quatre années, nous avons mené une enquête multi-facettes — JJ — prenant tour à tour la forme d’une pièce chorégraphique, d’un livre de traduction collective, d’une exposition et d’un long-métrage auto-produit. Ce travail nous a permis de développer des tactiques critiques et autres stratégies performatives que nous vous partagerons. Autant d’outils qui nous donnent envie de continuer à (nous) raconter des histoires et (nous) faire des films dans le champ de l’art, au croisement des pratiques militantes. Il sera donc question de formuler aussi des hypothèses et pistes de travail pour la suite de nos aventures artistiques.
Aminata Labor & Stella Cani
Aminata Labor & Stella Cani se rencontrent en 2016 au département Danse de Paris 8 et en plein mouvement social contre la loi Travail et son Monde. À ce moment-là, Aminata y mène une recherche sur les expériences de femmes dans les cortèges de tête des manifestations parisiennes (publication à l’atelier Téméraire) et Stella engage une recherche-création autour de réceptions performées et de critiques affectées (publication aux PUV). Iels déclinent depuis des formes de complicités et de relations variées. Des collectifs militants à des émissions de radio, à des performances à des écritures de textes, à des sessions peinture, à des balades inter-espèces, iels font de l’art et de la vie des espaces pour questionner, chanter, zbeuler, partager, regarder et bien d’autres choses encore. Leurs activités artistiques sont majoritairement subventionnéEs par des institutions publiques et s’inscrivent dans le régime de l’intermittence.
